mercredi 8 mai 2013

No Pain No Gain


Si vous me connaissez un peu, alors vous êtes probablement au courant que je voue une adoration toute particulière pour le cinéma de Michael Bay. Son style visuel aux couleurs plus criardes les unes que les autres et son sens du spectacle démesuré et assumé ne me laissent pas indifférent. Mon enfance a été nourrie par les films d'action des années 90 et Bad Boys ainsi que Rock en font partie.
Cependant, même si je suis fan, je me dois aussi d'être objectif lorsque la machine s'enraille. Malgré des scènes d'action spectaculaires et les plus gros succès du réalisateur à ce jour, Transformers 2 et 3 ne brillent clairement pas parmi mes films préférés de sa filmographie (Voir ma critique de Transformers 3 ici).

Cette fois-ci, histoire de revenir à la fraîcheur de ses débuts, Michael Bay revient là où tout a commencé : Miami, années 90. Basé sur des articles du Miami New Times, No Pain No Gain raconte l'histoire du Sun Gym Gang, coupable de nombreux vols, enlèvements et meurtres. Deux des trois membres du gang croupissent actuellement en prison en Floride dans l'attente d'être exécutés.
No Pain No Gain est un projet que Michael Bay essaye de monter depuis plus d'une dizaine d'années maintenant. Avec environ 20-25 millions de dollars, ce film est aussi le plus petit budget de sa carrière.
Bref, le nouveau film de Michael Bay n'est ni une suite ni une possible franchise. J'étais donc très curieux du résultat, et au final le film apparaît vraiment comme libérateur pour son réalisateur (rime non intentionnelle).

Explications ci-dessous.


Mettons les choses au clair dès le départ: No Pain No Gain n'est absolument pas un film d'action, mais plus une comédie dopée à l'humour noir, très noir. On y suit l'histoire d'un groupe de trois bodybuilders lassés d'être des esclaves de la société et qui décident d'une arnaque dite parfaite pour accomplir leur propre rêve américain. Et comme vous le savez sans doute, tout ne va pas se passer comme prévu.

Après la vision de ce film, il n'est pas difficile de deviner ce qui a pu attirer Michael Bay dans l'histoire de ces escrocs. Leur sens de la démesure et leur naïveté face à leur désir de réussite en font clairement des personnages "bigger than life", thème qui apparaît évident lorsque l'on regarde la filmographie du réalisateur. Dans No Pain No Gain, les situations rocambolesques ont remplacé les explosions et les cascades de ses autres films. Mais l'ambition reste la même puisque le style visuel de Michael Bay n'a pas changé d'un iota: couleurs éclatées et plans en contre-plongée à tout va parsèment le film d'un bout à l'autre.

Mais alors en quoi No Pain No Gain est-il si différent et important dans la filmographie du réalisateur ?
Et bien concrètement, il n'est pas grossier de clamer que nous sommes là face à un très bon film de Michael Bay. Si l'on décide de prendre le film pour une comédie, le contrat est largement rempli puisque l'hilarité grandit au fur et à mesure que nos personnages s'enfoncent dans un tourbillon d'embrouilles. Plus la situation dégénère, plus le film vous rappellera par intermittence à l'écran qu'il s'agit là d'une histoire vraie. l'idée est clairement donc de nous mettre mal à l'aise en nous rappelant que l'on rit de situations graves impliquant un bon nombre de victimes. Mais au delà de la comédie, il est aussi nécessaire de mentionner que Pain & Gain s'inscrit dans une lignée de films portant un regard pertinent sur l'Amérique.


C'est en ça que No Pain No Gain se montre vraiment intéressant, dans ce principe d'associer la réflexion au divertissement. Le film n'est certainement pas le premier à traiter des dérives du rêve américain mais son traitement jusqu'au-boutiste dans le rocambolesque en font un des plus originaux.
"Their American dream is bigger than yours", l'affiche ne trompe pas avec ce slogan et son drapeau américain arrière-plan. Les personnages, tous très bien écrits, développent chacun leur propre vision de la réussite durant un deuxième acte qui n'hésite pas à pousser au ridicule les aspirations de chacun.

Ces personnages sont aussi superbement interprétés par un trio d'acteurs très en forme. Mark Wahlberg et Anthony Mackie sont égaux à eux-même et livrent de solides performances. Si je ne m'attarde pas sur eux, c'est pour signaler que Dwayne Johnson/The Rock est clairement l'attraction principale du film. Héritant d'un personnage complétement barré, déjanté et constamment en contradiction avec ses principes, l'acteur surprend et donne sans nul doute sa plus incroyable performance. Son talent n'est maintenant plus à prouver, il n'est plus ce catcheur qui fait l'acteur, il est un acteur à part entière. Son personnage et son interprétation vous surprendront plus d'une fois, je peux vous l'assurer.

Au final, No Pain No Gain est à prendre comme une pause récréative entre deux gros blockbusters pour Michael Bay. Loin de toute contrainte liée à de grosses productions, le réalisateur nous offre une œuvre sans concession et généreuse (peut-être même trop lorsqu'il passe beaucoup de temps sur son introduction). Pour ma part, je pense que Michael Bay a tenté et réussi quelque chose de différent tout en restant fidèle à son style. Nul doute que beaucoup ne seront pas d'accord avec mes propos mais après tout, avec No Pain No Gain, il serait peut-être temps de commencer à reconsidérer un peu la filmographie du bonhomme.



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