mardi 17 juillet 2012

The Divide


Dans la catégorie Direct-To-DVD inattendu, The Divide arrive en pôle position et fait partie de ces films dont l'on se demande pourquoi ils ne sont pas sortis au ciné, malgré des qualités évidentes.
Après un premier essai prometteur avec Frontière(s) puis la déroute avec Hitman, Xavier Gens remet les pendules à l'heure pour son 3ème film et entend mettre tout le monde d'accord quant à sa volonté d'offrir un cinéma purement viscéral.

Sur un point de départ des plus basiques (un groupe d'individus obligé de cohabiter ensemble dans un abri sous-terrain après une apocalypse nucléaire), le film réussit pourtant à s'affranchir de ses faiblesses, aussi infimes soient-elles, et ne lâche pas le spectateur pendant deux heures grâce à une mise en scène des plus inspirées. Véritablement le point fort du film.

Bien que l'on devine à peu près les aboutissements d'un tel point de départ, la tension est palpable et les surprises se font nombreuses. C'est simple, Xavier Gens semble ici en pleine possession de ses moyens. Il nous le prouve à travers de multiples idées qui, bien loin de transcender le genre, lui redonnent toute sa saveur. En effet, pourtant genre ô combien casse-gueule, le huit-clos façon Xavier Gens est tout sauf novateur mais il prend le temps de développer ses personnages tout comme il prend le temps pour faire monter la tension.
Sous peine de révéler des détails importants de l'intrigue, impossible d'expliquer plus amplement ce qu'il ressort de The Divide mais la progression du scénario ne laisse en aucun cas prévoir un final aussi ravageur et aussi émouvant.

Si cette intensité se ressent à l'écran, c'est bien parce que Xavier Gens réussit à jouer habilement entre la suggestion et l'horreur pure. Ici l'intérêt n'est pas de proposer un quelconque survival au sein d'un sein d'un environnement dévasté mais plutôt une analyse des rapports humains lorsque nous sommes poussés dans nos derniers retranchements. Le sujet n'est pas nouveau me direz-vous mais à la différence d'autres films, The Divide va loin, très loin même dans l'évolution des personnages, et ne cédant jamais à aucune concession dans la perversité.

Conscient des limites qu'imposent un huit-clos, Xavier Gens parvient à les dépasser en adaptant sa mise en scène à l'intensité des situations. Plus calme et se posant comme témoin lors de situations dites "calmes", sa caméra s'emballe lorsque la tension monte mais sans jamais céder à un quelconque voyeurisme. Les 20 dernières minutes en sont très représentatives, la caméra multipliant alors plusieurs astuces de mise en scène pourtant incompatibles avec les limites de l'environnement mais qui se révèlent d'une efficacité redoutable.

Afin de parfaire cette mise en scène, les acteurs réussissent presque tous dans l'ensemble (en tout cas les rôles principaux) à livrer de très bonnes performances. La préférence revient à Michael Biehn à qui le poids de l'âge semble plutôt bien réussir, et à Milo Ventimiglia (de la série Heroes) profondément imprégné de son personnage.

Au final, The Divide se présente comme un film important pour son réalisateur. Preuve que les cinéastes français ont suffisamment de talent pour exprimer leurs idées mais que malheureusement la production française semble assez timide dès lors qu'il s'agit d'avoir un peu d'ambition visuelle. Un film comme celui-là qui sort directement en DVD prouve bien la frilosité du paysage cinématographique français, et c'est bien dommage. Reste que Xavier Gens s'impose comme un cinéaste définitivement à suivre, désireux d'offrir un cinéma généreux et de qualité.

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