jeudi 8 septembre 2011

R.I.F. (Recherches dans L'Intérêt des Familles)


Si Franck Mancuso (ancien flic devenu réalisateur comme Olivier Marchal) avait plutôt bien démarré sa reconversion en signant "Contre-Enquête" avec un Jean Dujardin au top, on ne pourra malheureusement pas en dire autant avec son deuxième long-métrage.

Après l'infâme supplice que fut Switch, on en viendrait presque à se demander si le polar français n'est pas au plus mal lorsque Olivier Marchal n'est pas à la barre. S'il n'est toutefois pas du niveau de médiocrité de Switch, R.I.F. propose un divertissement qui aurait certainement ravi la ménagère de plus de 50 ans fan de Julie Lescault.
Oui, R.I.F. est un téléfilm deluxe avec des acteurs deluxe et dont le niveau d'ambition frôle le zéro.

Au risque de me répéter mais comme dans la plupart des films, l'introduction, voire même la première demie-heure, est toujours soignée. C'est normal, dirons-nous, puisqu'un scénario commence toujours avec une bonne idée. Ici, en l’occurrence, le début du film se dirige lentement et plutôt efficacement vers un remake de Breakdown (avec Kurt Russel). Yvan Attal cherche sa femme pendant 1h30, mystérieusement disparue aux abords d'une station essence en pleine campagne. L'enquête commence alors. Ou pas.

Si au début le scénario dissémine habilement les fausses pistes avec son lots d'indices et de suspects, il n'en est pas de même pour la suite. Le film se prend les pieds dans le tapis et fait du surplace jusqu'à la fameuse révélation finale, par ailleurs d'une pauvreté affligeante.
En effet, au lieu de se concentrer entièrement sur la recherche de l'épouse disparue et donc sur le rythme du film, Franck Mancuso préfère développer un affrontement poli entre un flic aux méthodes expéditives (Yvan Attal) et un gendarme de campagne très procédurier (Pascal Elbé). Un affrontement qui trouvera très vite ses limites tant le scénariste ne semble pas trouver suffisamment de dialogues intéressants pour faire avancer l'enquête. Et ne parlons pas de la tentative d'orienter le film vers un pseudo-Fugitif. Une idée maladroite et sans aucun sens ni rapport avec les évènements précédents.

Quant à la mise en scène de Franck Mancuso, elle, non plus, ne pourra pas sauver les meubles. Une réalisation sans âme, qui tente d'apporter du style en ajoutant un grain à l'image. Une idée sans aucune utilité, si ce n'est celle de nous faire croire que Franck Mancuso a effectué un vrai travail de mise en scène.

Cependant, si le film se laisse suivre, c'est avant tout grâce à Yvan Attal (toujours excellent et crédible) et Pascal Elbé. Deux acteurs impliqués dans leurs rôles et qui font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont, c'est-à-dire pas beaucoup.
Pas beaucoup de matière pour jouer donc, et encore moins pour développer une histoire avec rythme. Ainsi, c'est triste à dire mais R.I.F. s'ajoute à la liste des polars ratés car souffrant d'un vide abyssal.

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