jeudi 29 septembre 2011

La Nouvelle Guerre des Boutons



"Quoi ? Mais il a pas déjà écrit une critique de La Guerre des Boutons ?"

Si si, malheureusement. Mais deux producteurs ont décidé de jouer à "qui a la plus grosse ?" et sortent à une semaine d'intervalle leur propre version. On peut éventuellement passer outre l'utilité relative de produire un remake, mais impossible de ne pas s'indigner devant de pareilles gamineries qui n'ont pas pour autre but que de prendre le spectateur pour un c**.

Bref, je vous parlais précédemment de "La Guerre des Boutons" de Yann Samuell. Pas grand chose à en retenir si ce n'est qu'il peut aisément concourir au titre du plus mauvais film de l'année.
Qu'en est-il alors de la version de Christophe Barratier ? Et bien, contre toute attente, le film va au-delà de mes (très faibles) espérances. Certes, le scénario n'évite pas les quelques clichés et autres embellissements fidèles au cinéma "vieille France" de Barratier, mais le travail effectué sur la mise en scène (comparé au film de Yann Samuell) et la transposition en pleine seconde guerre mondiale contribuent largement à la (relative) réussite du film.

Placé hors du contexte houleux qui entoure cette guerre des producteurs, Il faut reconnaître que La Nouvelle Guerre des Boutons a bénéficié d'un véritable traitement artistique.
La reconstitution tout d'abord. Placé en pleine occupation Allemande, cette "innovation" scénaristique permet au film de se distinguer du modèle original mais sans oublier l'essence même de cette guerre des boutons. On est toujours dans un film d'époque mais le contexte historique ajoute de nouvelles pistes et idées à l’œuvre, comme en témoigne l'amourette entre Lebrac et Violette, une petite fille juive qui se cache à Longeverne. Résistance, gestapo et collabos sont donc au menu.
Certains trouveront ça terriblement manichéen tandis que d'autres (comme moi) y verront un habile mélange entre cette occupation allemande et les affrontements de ces enfants, et qui ne tombe jamais dans la mièvrerie exacerbée.

Concernant les acteurs, excepté Tigibus et au même titre que le film de Yann Samuell, tous les enfants (ou presque) jouent comme des pieds. Le personnage de Lebrac est censé être un grand meneur mais son interprète ne trouve jamais le ton juste et joue un adolescent de 1944 comme un adolescent de 2011. Seuls les acteurs adultes tirent leur épingle du jeu, Guillaume Canet en tête, dans un registre où on l'attendait pas forcément.


Au niveau de la réalisation, pour ma part, je n'ai jamais compris l'acharnement que subissait Christophe Barratier. Ses "Choristes" et son "Faubourg 36" étaient pour moi deux très bons divertissements qui renouaient avec un genre de cinéma plus ou moins oublié.
La Nouvelle Guerre des Boutons ne déroge pas à la règle. Avec moult plans larges, plans grue et des décors et costumes très fidèles, la réalisation se veut donc ambitieuse. Barratier va même jusqu'à se prendre pour Peter Jackson et filme la campagne française comme s'il filmait la terre du milieu en Nouvelle-Zélande. Il n'oublie pas non plus l'action et propose des scènes de batailles qui se veulent, d'une certaine manière, épiques. On est donc face à une mise en scène très académique mais qui n'oublie pas pour autant d'émouvoir quand il le faut.
Malheureusement, le débat restera sans fin. Si vous n'aimez pas le cinéma de Christophe Barratier, vous détesterez encore plus, et inversement.

Au final, en comparaison avec la version de Yann Samuell, La Nouvelle Guerre des Boutons passe pour un chef d’œuvre. Pris à part, le film ne restera certainement pas dans les annales mais constitue un divertissement plus que recommandable.


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