jeudi 8 septembre 2011

La Guerre est Déclarée


De Valérie Donzelli, je ne connais que l'actrice pétillante, celle qui se fait discrète mais intrigante dans "Pourquoi Tu Pleures ?" avec Benjamin Biolay ou encore celle qui enchante et illumine Mathieu Demy (et le spectateur !) dans "L'Art de Séduire".
Quant à la réalisatrice, elle ne m'apparaît que maintenant avec la sortie de son deuxième film "La Guerre est Déclarée", unanimement encensé lors de l'ouverture de la semaine de la critique à Cannes et vivement soutenu par la majorité de la presse ensuite.

Presque 4 mois plus tard, le film survit-il à tout ce buzz médiatique ? La réponse est oui et encore oui !
Là où je m'attendais à un film lorgnant vers le pathos le plus total, Valérie Donzelli réussit l'exploit de proposer tout le contraire. Enjoué, rythmé, jamais larmoyant et constamment guidé par une énergie des plus positives, La Guerre est Déclarée offre une histoire d'amour hors normes et nous fait ressortir de la salle avec une immense joie, celle d'avoir vu un film merveilleux !

Ce qui surprend au premier abord dans La Guerre est Déclarée, c'est cette mise en scène mélangeant les clichés du film romantique avec une réalisation atypique. L'introduction du film en est le meilleur exemple. Elle présente toute la beauté d'une histoire d'amour en 5 minutes, première rencontre, baisers, ballades main dans la main et j'en passe. Commencer un film de cette manière aurait pu provoquer un élan de niaiserie irréversible, or c'est tout le contraire qui se produit.

Valérie Donzelli se sert des habituels clichés pour mieux renforcer l'impact de sa mise en scène. Les personnages de Jérémie Elkaïm et de Valérie Donzelli se prénomment Roméo et Juliette et jouent leur texte comme des personnages de théâtre. Un parti pris qui révèlera toute sa puissance lorsque le couple devra faire face à la maladie de leur enfant. Le film insiste sur l'union d'un couple vraiment amoureux et sur leur volonté à se battre pour leur enfant (d'où le titre donc). Et même si beaucoup de scènes se passent dans le milieu hospitalier, il serait malhonnête de réduire le film à un simple exercice de pathos voué à idolâtrer les chirurgiens. Non, Valérie Donzelli nous livre un film à multiple facettes. Drôle, émouvant, prenant et touché par la grâce, La Guerre est Déclarée fait figure de film inattendu et inespéré, à la fois dans son genre et à la fois dans le cinéma français.

En effet, si La Guerre est Déclarée provoque autant d'enthousiasme chez moi, c'est parce que le film propose une vision plus qu'intéressante du couple. Là où n'importe quel réalisateur aurait suivi un schéma classique pour raconter l'amour ainsi que toutes les fêlures qu'il engendre, Valérie Donzelli préfère choisir sa propre voie, celle de l'optimisme. Un choix qui sert non seulement le ton du film mais aussi la mise en scène, énergique et toujours prête à capter la moindre émotion. A ce titre, la scène finale, improbable sur le papier, se révèle à l'écran d'une rare beauté et d'une rare cohésion.

Beau, puissant et atypique, La Guerre est Déclarée est un véritable bonheur de cinéma. Le film ne se complait jamais dans le larmoyant et transforme un sujet casse-gueule en une œuvre à des années lumières de ce qui a été fait auparavant. On ressort de la salle avec une incroyable énergie, celle de ce merveilleux couple. En tout cas, cela ne fait aucun doute, Valérie Donzelli a de beaux jours devant elle.
La Guerre est Déclarée est une réussite, c'est tout !


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