jeudi 22 septembre 2011

La Guerre des Boutons



Vous avez probablement tous entendu parler de La Guerre des Boutons. Soit le roman de Louis Pergaud de 1912, soit le film d'Yves Robert de 1962. Dans les deux cas, il s'agit donc d'une "guerre" entre deux bandes d'enfants de Longeverne et de Velrans, des villages rivaux. Les boutons, quant à eux, représentent le dépouillement ultime des perdants.

Quelques décennies plus tard, Yann Samuell (ainsi que Christophe Barratier, mais ça, ça sera pour une autre critique) s'attaque donc au remake d'un film qui n'en avait probablement pas besoin.
Pourtant, l'intention de base était louable : celle de proposer à nouveau un divertissement populaire comme les français savaient le faire il y a bien longtemps. Mais comme le dit si bien Tigibus dans le film de 1962 "Si j'aurais su, j'aurais pas venu". Et effectivement, j'aurais du me dire la même chose avant de rentrer dans la salle.

N'y allons pas par quatre chemins, La Guerre des Boutons version Yann Samuell est : mal écrit, mal joué, mal réalisé et mal monté. Voilà, c'est dit, le film cumule toutes les tares possibles et provoque un ennui profond pour le pauvre spectateur qui n'a cesse de se demander ce qu'il est venu faire dans cette salle.

En effet, contrairement à ce que j'ai l'habitude de dire, le film démarre très mal. L'introduction en question, in media res, aurait pu être efficace si seulement le cadrage n'était pas aussi approximatif et la caméra aussi tremblotante. N'est pas Paul Greengrass qui veut après tout.
Et si l'on veut bien se laisser porter par cette amusante course-poursuite introductive ainsi que quelques affrontements bien sentis entre Eric Elmosnino/Merlin et Alain Chabat/Labru, la suite, en revanche, est impardonnable.

La narration frôle le chaos, les scènes s'enchaînent sans aucune logique apparente et l'évolution, voire les motivations, des personnages font preuve d'un non-sens sans égal. Il m'est impossible de comprendre comment on a pu approuver un tel scénario où tout est, soit survolé, soit illogique. Et malheureusement les acteurs n'arrangent pas les choses. Entre des enfants qui ne savent pas jouer ou des acteurs sous-employés et mal dirigés (Alain Chabat), difficile d'accorder la moindre note positive à cette direction artistique.


Comme expliqué plus haut, tout ce qui concerne la partie technique du film ne semble pas non plus avoir eu les mérites d'un traitement correct. Deux options s'offrent alors à nous : ou c'est un passant pris dans la rue qui a réalisé le film, ou Yann Samuell n'a jamais tenu une caméra de sa vie. Ce n'est pas possible ! Comment ce réalisateur a pu passer du super "Jeux d'Enfants" à cette purge ? Avec absolument aucune recherche de mise en scène, Yann Samuell se contente d'opter pour le style "je pose ou je tiens ma caméra et je vois ce que ça donne". A l'arrivée, on obtient un film sans âme, sans saveur apparente et se contentant d'aligner des scènes de dialogues ennuyantes.

Catastrophique, désastreux, pompeux, affligeant, voire plus encore, La Guerre des Boutons a toutes les allures (pour l'instant) du pire film de l'année. Nous ne sommes pas face à du cinéma, mais face à un produit marketing qui a très très mal tourné. Voir et assister à ce genre de bêtises en 2011 donne très peu d'espoir pour la comédie française.


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