dimanche 7 août 2011

Super 8




Aller voir Super 8 au cinéma c'est un peu comme remonter 30 ans en arrière, à l'époque où Steven Spielberg régnait en maître sur le cinéma américain. Époque où il fut alors considéré comme le maître de l'émotion et du spectacle (sérieusement, qui n'a pas pleuré devant E.T. ??). Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette époque a eu une forte influence sur le réalisateur de Super 8, J.J. Abrams, alors adolescent et déjà passionné de cinéma. Parce que s'il y a bien une chose à savoir sur Super 8, c'est qu'à chaque instant le film respire l'amour du cinéma et plus particulièrement celui de Spielberg.
Alors concrètement, Super 8 ne révolutionne absolument rien, que ce soit en terme de scénario ou de réalisation, mais le charme du film opère grâce à l'effet "madeleine de Proust". Goûter à Super 8, c'est comme retrouver une friandise que l'on n'avait plus mangé depuis l'enfance. Ce goût, alors oublié, remonte très vite à la surface et nous rappelle qu'il y a plusieurs années de cela, le cinéma de divertissement, c'était bien autre chose que ce que l'on a aujourd'hui.


En effet, pour son troisième film et premier écrit de ses mains, J.J. Abrams a donc décidé de revenir aux bases du divertissement estival. Là où les personnages, l'aventure et l'émotion passaient avant les effets spéciaux et autres artifices. Super 8 marche alors clairement sur les pas de Spielberg et entend raconter une histoire où l'extraordinaire se mêle au quotidien ordinaire de nos jeunes héros.

Lorsque le film commence, le spectateur est déjà pris par ce sentiment de nostalgie et d'euphorie face à la générosité des images. Il suffit de voir ces enfants en plein tournage de leur film pour comprendre que J.J. Abrams possède une profonde affection pour le cinéma et le pouvoir de rêve qu'il dégage face aux spectateurs que nous sommes. Tous les thèmes chers au cinéma de Steven Spielberg se fusionnent dans Super 8 et forment alors un film somme animé d'une générosité folle. A l'instar de E.T. ou des Goonies, les enfants sont les héros et les plus à même de résoudre les mystères là où les adultes ne voient jamais plus loin que le bout de leur nez. On y retrouve aussi la thématique du personnage principal, bouleversé par un drame familial, que le père souhaiterait aider mais sans trouver les mots justes ou la manière. On peut aussi mentionner les scènes d'attaque invisibles directement inspirées de Jurassic Park. Bref, vous l'aurez compris, Super 8 est un véritable film hommage. Mais, par conséquent, à ce niveau-là, où s'arrête l'hommage et où commence la simple copie ?


Par chance, J.J. Abrams ne se contente pas d'un simple copier-coller des films de Spielberg. Certes, l'hommage est bien là, les thèmes aussi mais le réalisateur sait aussi insuffler sa patte comme il a toujours su le faire auparavant. En ce sens, l'intrigue de Super 8 regorge de mystères et de thèmes propres à l'univers de J.J. Abrams (surtout pour les fans de Lost), et il s'agit ici de la seule note de modernité que l'on voudra bien attribuer au film, avec toutefois la séquence de déraillement de train, assurément l'un des scènes les plus impressionnantes de l'année.
Ainsi, avec le tour de force qu'il nous propose, J.J. Abrams confirme désormais qu'il est "l'entertainer" qu'il manquait à Hollywood, celui capable de prouver qu'une véritable histoire teinté d'émotion et d'aventure vaudra toujours mieux qu'une accumulation de scènes d'action sans âme.

Si l'on veut chipoter, on reprochera au film de s'essouffler légèrement dans sa deuxième moitié et par conséquent d'enchaîner beaucoup trop rapidement les révélations vers la fin du film. Mais il ne s'agit que de détails futiles si l'on veut bien se laisser emporter par le puissant sentiment de nostalgie de cette histoire.
Et c'est là que repose toute la dualité de Super 8 : en effet, le film aura l'importance que vous voulez bien lui accorder à vos yeux si vous vous sentez touchés par cette histoire et par la nostalgie de ce genre de cinéma. Il est donc évident que le film ne s'adresse pas aux enfants d'aujourd'hui mais bel et bien aux enfants d'hier, ceux qui ont été bercés par le cinéma familial et aventureux de Steven Spielberg.

En lisant cette critique, vous comprendrez que c'est plus l'émotion que la technique qui parcourt ces lignes. Voilà la preuve que J.J. Abrams a su capturer l'essence même d'un cinéma que l'on ne voit plus aujourd'hui mais qui ne demande qu'à revenir dans le cœur des spectateurs.


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