mardi 2 août 2011

Cars 2




Suite logique de Cars sorti en 2006, Cars 2 arrive avec une réputation des moins glorieuses : qualifié comme étant le "moins bon" film de l'écurie Pixar (tout comme le premier), voire même comme le plus mauvais film que le studio ait produit. Alors, qu'en est-il finalement ?
Et bien, si effectivement Cars 2 n'arrive pas à la cheville des chefs d'oeuvre que sont Là-Haut ou encore Toy Story 3, il n'en reste pas moins un divertissement de très grande qualité, indéniablement meilleur que n'importe quel autre film d'animation vu cette année.


En effet, malgré quelques sorties de route, s'il y a bien quelque chose que l'on ne peut reprocher à Cars 2 (et par conséquent à Pixar) c'est la qualité de son animation. Toujours au top techniquement, la filiale de Mickey sait mettre en scène ses films et ça se voit. Dans une explosion de couleurs (surtout lors de la course à Porto Corsa en Italie, fortement inspirée de Monaco) et de folles courses-poursuites, le réalisateur John Lasseter nous explose littéralement la rétine. C'est simple, jamais des scènes d'action n'auront été aussi incroyables d'inventivité et de lisibilité dans un dessin animé. De ce point de vue là, il est donc clair que Cars 2 assure le spectacle 1h30 durant.

Vient ensuite la véritable bonne idée du film, celle d'avoir développé un scénario des plus "James Bondien". Là où le premier film abordait des thèmes tels que l'Amérique profonde ou le mythe autour de la route 66 à travers la rédemption d'un héros détestable au contact de gentils losers, Cars 2 préfère prendre le contrepied et nous propose une histoire très 1er degré et à l'opposé du mythe mécanique américain. Le film choisit alors la voie du blockbuster, alternant entre scènes d'espionnage à la James Bond et courses de grand prix décoiffantes. Un choix surprenant de la part des techniciens de chez Pixar, toujours considérés comme les maîtres du récit émotionnel, mais qui, fort heureusement, proposent un étonnant spectacle (quasiment) sans temps mort et rarement vu dans un dessin animé.


Cars 2 s'assume donc clairement comme un divertissement et uniquement comme tel. Il est alors impossible de retrouver les différents niveaux de lecture des précédents films qui leur permettaient de s'élever au-dessus des autres productions du genre. Là où les autres films s'adressaient à la fois aux enfants et aux adultes, Cars 2 choisit de ne cibler que les enfants, ou alors l'enfant qui sommeille en nous. Choix délibéré ou erreur de production ? On ne le saura pas.
Et si Cars 2 se cantonne à cet esprit enfantin, c'est à cause de Martin, fidèle ami de notre héros Flash McQueen. Simple acolyte dans le premier opus, Martin devient ici le personnage principal de l'histoire, embarqué dans cette affaire d'espionnage. Personnage pas vraiment futé et déjà assez lourdingue dans le premier Cars, le voir voler la vedette à Flash McQueen pour des gags encore plus idiots est parfois assez consternant.

Cars 2 peut donc être considéré comme un Pixar mineur au vu de sa faible ambition scénaristique mais aussi, paradoxalement, comme un excellent film d'animation (le meilleur de l'année ?) dont la délectation visuelle n'a d'égal que la folie des meilleurs blockbusters. Voilà un spectacle récréatif dont on aurait tort de se priver.


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