lundi 29 août 2011

Captain America : First Avenger




Captain America n'est pas le super-héros le plus puissant ou le plus connu du grand public européen mais il est indéniablement une figure incontournable de l'univers des comics et par conséquent du public américain.
Lancé en 1941 dans l'idée d'offrir un nouveau héros charismatique et représentatif du sentiment patriotique américain, les comics de Captain America constituaient avant tout un excellent moyen pour redonner le moral aux troupes engagées sur le front. Le dit super-héros est donc rapidement devenu une icône purement américaine mais aussi extrêmement forte au niveau de l'identification, puisqu'il est toujours bon et représente à lui seul les sentiments de liberté et de justice. Autrement dit, une sorte de Superman encore plus ancré dans la réalité.

Par conséquent avec un tel postulat de départ pour un film, le risque évident était de tomber dans le patriotisme exacerbé, tout comme Thor, qui aurait pu tomber dans le kitch absolu.
Au lieu de ça, le réalisateur Joe Johnston nous livre une excellente relecture du mythe et dégage toute pensée patriotique pour ne se concentrer plus que sur un seul point : l'humain, l'homme avant le super-héros. Oui, dessous l'uniforme de Captain America il y a Steve Rogers et c'est ce qui fait la force du film. On suit le parcours et l'évolution d'un homme voué à devenir un héros, non pas parce qu'il a obtenu un pouvoir mais parce que c'est dans sa nature.
Les scénaristes et le réalisateur l'ont bien compris. Le film se présente non seulement comme un des meilleurs dans le genre super-héros mais aussi comme un excellent film d'aventure à l'ancienne.


Captain America tire donc toute sa force de sa mise en scène, profondément représentative de la nostalgie d'une certaine époque, là où les films d'aventure tels Indiana Jones régnaient en maître. Ainsi, au même titre que Super 8, Captain America entend bien rétablir l'ordre des choses en offrant un véritable pied de nez à la majorité des blockbusters estivaux, comme pour leur rappeler ce qu'était un vrai film d'aventure dans les années 80. A l'arrivée, le résultat est bel et bien à la hauteur des ambitions du film.

La première bonne idée du film est d'avoir respecté les origines du super-héros, car à la différence des autres Iron Man ou Spider-Man, Captain America évolue en pleine seconde guerre mondiale, l'univers est donc tout autre. Cette fidélité quant à l'histoire dépeinte dans le comics est avantageuse pour la réalisation car elle permet d'appuyer encore plus l'ambiance très "Indiana Jones" du film avec bon nombre de rebondissements, de nazis, de touches fantastiques/mythologiques ou encore d'aventure et de romantisme.
La deuxième bonne idée, et pas des moindres, concerne le choix de Chris Evans dans le rôle-titre. Choix risqué quand on sait que son pitoyable rôle dans Les 4 Fantastiques ne rendait pas justice à son potentiel. Mais fort heureusement, il trouve en Captain America son meilleur rôle et nous livre une interprétation des plus sobres et touchantes. Le scénario lui rend honneur et s'accorde à développer toutes les étapes psychologiques du personnage. Autrement dit, Chris Evans se voit offrir une large palette de jeu et alterne habilement entre la quintessence même du type bien et du super soldat droit dans ses bottes. En somme, un Captain America/Steve Rogers incroyablement attachant et qu'on suivrait bien jusqu'en enfer.
Le reste du casting composé notamment de Tommy Lee Jones, Hayley Atwell ou encore de Hugo Weaving (toujours excellent dans les rôles de méchant) n'est pas en reste et se montre tout aussi à la hauteur.


Au final, Captain America réussit à s'imposer comme la meilleure production Marvel à ce jour, supplantant largement le premier Iron Man et ce grâce à sa mise en scène.
Synonyme d'un véritable travail d'orfèvre au niveau technique et décoratif, la réalisation de Joe Johnston (formé à l'écurie Lucas/Spielberg) est à l'opposé de ce qui ce fait aujourd'hui en la matière. Une réalisation classique, sans extravagance, sans caméra à l'épaule et sans (presque) aucune surenchère numérique mais terriblement efficace. Voilà une œuvre qui sent bon le travail artisanal et qui ne prend pas les spectateurs pour des idiots. Le film nous offre 2h d'aventures rythmées dont le but premier est de développer une histoire suffisamment attachante et entraînante pour nous tenir en haleine jusque dans les dernières secondes.

Concernant la relation avec le projet Avengers, Captain America ne subit pas (par chance) le même traitement qu'Iron Man 2 et Thor, tous les deux parfois trop orientés dans le seul but de préparer le terrain pour le futur film réunissant le fleuron des héros Marvel. Bien que sous-titré "First Avenger", Captain America n'y fait référence que lors d'une courte scène plutôt réussie d'un point de vue émotionnel.

Classique mais efficace, rythmé et sans temps mort, beaucoup d'aventure et d'émotion, subtil mélange entre les codes du film de super-héros et les codes du film d'aventure. Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier Captain America de réussite. Tant mieux parce que c'est ce qu'il est !

P.S. : restez jusqu'au bout du générique de fin pour y découvrir une surprise bien sympathique !
 

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