mardi 5 juillet 2011

Switch


Switch avait toutes les cartes en main pour s'assurer comme le polar efficace et parano de ce début d'été. Malheureusement comme on dit, la réalité rattrape parfois la fiction.
N'y allons pas par quatre chemins, Switch est un ratage à presque tous les niveaux. Accumulant les plus gros poncifs et n'évitant pas le grotesque lors de certaines scènes, Switch s'enfonce dans la médiocrité chaque minute de plus et ce n'est pas la mise en scène, inadapté au possible, qui viendra sauver ce film de l'ennui.
Mais comment a-t'on pu en arriver là ? Petit retour au début du film puis explications.


Switch commence à Montréal, nous montrant la vie tellement passionnante de Sophie Malaterre, artiste en panne de travail, d'amis et de fiancé. Cette dernière décide alors de partir en vacances à Paris via un site d'échange de maisons et... On s'ennuie déjà ! Le problème n'est pas tant que l'on essaye de nous faire comprendre à quel point cette femme a besoin de changer d'air, non le problème vient du fait qu'il n'est vraiment pas nécessaire de faire durer la chose pendant une demie-heure. On la voit attendre à un entretien, faire un jogging, s'enthousiasmer devant son nouveau lieu de vacances, faire du vélo dans la capitale, draguer un inconnu et manger un bon petit plat dans son jardin devant la tour Eiffel. Mon énumération vous a paru longue ? Le film l'est aussi.
Alors certains diront que c'est nécessaire pour préparer et installer le climat angoissant d'un polar. Seulement la seule chose angoissante là-dedans c'est, qu'au bout d'une demie-heure, le film n'a toujours pas commencé.

Puis vient enfin le moment où notre héroïne se retrouve accusée de meurtre et prise pour une autre. S'ensuit alors un remake grand guignolesque du Fugitif où rien mais alors rien ne nous est épargné en termes de clichés (Le petit commerçant de quartier, noir qui plus est, qui aide l'héroïne à se cacher).
A partir de ce moment-là, le film ne se contente plus d'être seulement ennuyant, il devient grotesque.


Imaginez la scène. Notre héroïne appelle sa mère au canada afin de lui demander d'aller à son domicile pour chercher des indices. Ne se sentant pas rassurée, elle demande à sa mère d'être prudente. La mère, environ 60-65 ans je précise, arrive sur les lieux, descend de sa voiture et sort de son coffre un fusil à pompe (qu'elle charge bien évidemment face caméra pour se la jouer "Badass"). Elle fouille chaque pièce tel un action-hero au féminin et rentre dans une chambre pour y découvrir "Oh Mon Dieu !" une tête décapitée posée sur le coussin et entourée de bougies comme si l'on était dans un rituel satanique avec des inscriptions de sang sur le mur... Je vous le donne en mille, la mère se fait évidemment trucider quelques secondes après...
A ce moment là, je crois que l'on est en droit de se demander si les scénaristes et le réalisateur n'ont pas, mais alors sévèrement, (excusez du langage) pété un câble ?! Pour un film qui, malgré ses grosses faiblesses, se voulait sérieux, on peut dire que là, on a atteint le point de non-retour. Aucune rédemption possible.

Même constat pour la course-poursuite à pied à travers les maisons de banlieue, censée être le gros climax du film, qui malheureusement tombe à plat. On pourrait être face à une bonne scène d'action si seulement le réalisateur avait mieux choisi ses décors (oui toutes les maisons se ressemblent et nos personnages passent de portes en portes) et mieux organisé sa séquence, qui ne contient aucun rebondissement (donc aucune tension, juste une bête course à pied) et est filmée avec les pieds.

On en arrive à se demander si c'est vraiment Jean-Christophe Grangé, l'auteur des Rivières Pourpres, qui a écrit cette "chose" tant la narration en plus d'être paresseuse est limite chaotique. On ne sait jamais si le film a pour personnage principal cette fugitive ou ce flic campé par Eric Cantona vu que leur temps d'apparition à l'écran est assez mal réparti. Il en est de même pour l'enquête qui ne trouvera sa résolution que dans les 5 dernières minutes, jusque là le film fera du sur place. Ne parlons pas de la fin, bâclée en 2 minutes montre en main, qui atteint les sommets du n'importe quoi.

Si l'on veut terminer sur une note (légèrement) positive, seul Eric Cantona tire son épingle du jeu de ce désastre, plus que crédible dans le rôle du flic déterminé à capturer sa proie, tel un Tommy Lee Jones du Fugitif.

Autrement, rien, vraiment rien ne peut sauver ce film qu'il va falloir vite oublier.




2 commentaires:

  1. Il y a une deuxième chose de bien à retenir de ce film, c'est ta chronique ! je me suis régalé...

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  2. Je crois qu'on a bien compris qu'il était pas tip top ce film dis donc !

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