samedi 11 juin 2011

X-men Le Commencement


La saga X-Men est plus ou moins controversée. 4 films dont une trilogie et un spin-off. Une trilogie qui a tout eu, entre le second volet considéré comme un des meilleurs films de super-héros et le troisième comme une horreur sans nom (injustement pour ma part). Quant au spin-off centré sur les origines de Wolverine, je crois que tout le monde est d'accord, c'est une sombre daube !

Le challenge était donc de taille avec ce nouveau film, et la pression aussi. Le choix du mélange reboot/prequel peut être à double tranchant : décevoir les fans et les puristes de la première heure avec une nouvelle vision des X-Men ou à la fois attirer un nouveau public et à la fois satisfaire des fans conscients que la saga doit évoluer et prendre un nouveau virage. Je fais partie de cette deuxième catégorie.
Après tout, depuis l'énorme succès de The Dark Knight, tous les studios tentent le parti pris du réalisme, avec certes plus ou moins de réussite, mais l'intention de réécrire l'histoire des X-Men était louable.

Je dois pourtant avouer que je ne croyais pas vraiment en ce projet (délais de production assez courts et campagne marketing limite désastreuse) mais 2 heures après le début du film, je ne pouvais qu'admettre qu'on ne s'était pas fichu de moi.


Alors pourquoi X-Men Le Commencement serait-il un bon film ? Et bien tout simplement grâce à quelque chose que les blockbusters oublient beaucoup ces derniers temps : un scénario ! Mais je parle d'un vrai scénario, le genre bien réfléchi et cohérent du début à la fin. De plus, la vraie bonne idée vient du fait d'avoir situé l'action durant les années 60 en pleine guerre froide et crise de Cuba. Ce qui apporte une touche "James Bond" non négligeable à l'ensemble.
L'intérêt du film réside principalement entre la relation Charles Xavier/Eric Lehnsherr ou comment ces deux amis profondément respectueux l'un envers l'autre deviendront les ennemis que nous connaissons désormais. Un développement qui s’apparenterait presque à celui d'Anakin Skywalker dans Star Wars, tant les motivations qui pousseront Eric/Magneto à basculer définitivement du "côté obscur" sont assez similaires. Le film aurait tout aussi bien pu s'appeler Magneto Begins.

Mais c'est bien joli de concentrer un film sur son méchant, encore faut-il que l'interprète soit à la hauteur, et Michael Fassbender s’acquitte de cette tâche avec brio. Prendre la relève de Ian McKellen n'est pas rien, mais il n'a pas à en rougir tant sa prestation nous fait constamment osciller entre adoration et haine. Le parfait exemple de personnage que l'on adore détester, non seulement parce qu'il est méchant mais aussi parce que son rôle est le plus développé. Michael Fassbender est charismatique et bon acteur, et ça c'est une très bonne chose. Il est la pièce maîtresse et la force de cet X-Men !


Fort heureusement, le reste du casting se montre tout aussi à la hauteur. A commencer par James McAvoy en Charles Xavier/Professeur X, jouant constamment entre le côté charmeur et protecteur, l'acteur a de quoi tenir tête à Michael Fassbender avec un personnage moins torturé mais tout aussi chargé en émotions. Mention spéciale à Kevin Bacon, acteur injustement tombé dans l'oubli et qui trouve ici un rôle de méchant parfaitement à sa mesure.
Parmi les seconds rôles, Jenifer Lawrence et Nicolas Hoult défendent avec honneur des personnages (respectivement Mystique et Le Fauve) représentant à eux seuls toute la thématique de l'acceptation de soi et de ses différences. Parce que oui, avant d'être un film de super-héros, X-Men c'est aussi un film qui traite de la tolérance et de la peur de ne pas être accepté, que ce soit par soi-même ou par la société.

X-Men Le Commencement tire donc toute sa force de son scénario et de son casting, mais le spectacle n'est pas en reste non plus, parce que c'est avant tout un blockbuster, et en tant que tel, le film offre plusieurs moments de bravoure mais on retiendra surtout l'attaque du paquebot de nuit et la bataille finale au large de Cuba.

Après la surprise Kick-Ass de l'année dernière, le réalisateur Matthew Vaughn réitère une nouvelle fois l'exploit de transformer un soi-disant blockbuster, ou du moins un film vendu comme tel, en un film hybride, satisfaisant à la fois les amateurs de divertissements estivaux et les cinéphiles les plus exigeants.

Une belle réussite dans le genre, beaucoup trop rare qu'elle doit être soulignée !


"La paix n'a jamais été une option" Eric Lehnsherr/Magneto



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire