samedi 11 juin 2011

The Prodigies


Le domaine de l'animation est dominé depuis plusieurs années par la grande écurie Pixar. Il y a bien Dreamworks pour faire un peu de concurrence mais la maîtrise de la filiale de Mickey est incontestable. Ce qui laisse donc peu de chances pour d'autres films d'atteindre le même niveau ou de connaître le même succès.
En revanche, en France, le problème n'est pas le même puisque peu de films d'animation sont à compter et ceux-ci ne visent clairement pas la même cible que les américains. C'est pourquoi en raison de leur rareté, la qualité des films d'animation français est souvent au rendez-vous. Je fais notamment référence à Renaissance, sorti en 2006, véritable hommage au film noir et très bon thriller d'anticipation. En revanche, je ne fais pas référence à Arthur et Les Minimoys qui, malgré un bon premier volet, reste une trilogie, avouons-le, médiocre.

Et voilà que sort The Prodigies, nouveau film d'animation français, adapté du best-seller La Nuit des Enfants Rois, sorte d'X-Men version télépathe.
Au premier abord, l'animation et les graphismes semblent dater d'un autre âge mais la force émotionnelle qui se dégage de cette réalisation prend vite le dessus pour susciter l'adhésion. Une adhésion renforcée par le ton très mature du film, qui n'a d'enfantin que la simplicité de ses dessins.


Oui, The Prodigies est véritablement un film pour adultes, de par sa violence à la fois graphique et psychologique. On parle ici d'enfants se sentant rejetés par la société et qui, à la suite d'une terrible agression, décident d'utiliser leurs pouvoirs à de mauvaises fins.

A partir de cette base, le film se montre sans concessions et jusqu'au boutiste, et la surprise n'en est que plus bonne puisqu'il est très rare de nos jours de voir autant de violence dans un film d'animation. Et c'est bel et bien ce parti pris qui fait la réussite du film, tout comme les surprises qu'il laisse apercevoir par ci et là. De plus, même si le schéma narratif est tout ce qu'il y a de plus simple, le spectateur est constamment amené sur de fausses pistes (la fin en est la preuve). Le héros n'est pas tout blanc et les enfants "surdoués" ne sont pas ceux qu'ils semblent être (Méchant ? Pas méchant ?), on notera aussi l'originalité de certaines scènes "chocs" filmées d'un point de vue onirique.


Mais tout cela fait-il de The Prodigies un film exempt de défauts ? Non certainement pas.
On aimerait bien que le début soit aussi bien que la fin, en raison de son démarrage assez lent et pas assez clair concernant les enjeux des personnages. Ça paraît anodin mais quand on sait que l'élément pertubateur arrive après 30-45 minutes, ça prouve un manque assez flagrant de matière. Et c'est là que c'est bien dommage puisqu'après ce rebondissement assez inattendu, le film prend une toute autre tournure et s'enfonce dans les abysses les plus profondes de ses personnages pour n'en ressortir qu'à la fin dans un tourbillon de fureur et de sauvagerie intense !


Ainsi, The Prodigies peut être vu comme un exploit dans le domaine de l'animation française mais aussi comme un splendide essai qui aurait mérité d'être transformé. Le film a beaucoup de qualités mais aussi quelques défauts qui l'empêchent de s'imposer comme une pièce maîtresse.
Mais ne boudons pas notre plaisir, des films d'animation d'une telle noirceur ne courent pas les rues, et en cela, The Prodigies est une réussite !




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