jeudi 23 juin 2011

Insidious


Ces dernières années, avoir peur au cinéma est devenu un luxe. C'est un fait, presque plus aucun film ne fait peur. A la place, on préfère nous vendre chaque année des Saw, chacun repoussant les limites du soutenable en terme de gore. Comme si le gore était devenu l'outil marketing ultime pour faire déplacer les foules avides de cinéma d'épouvante. Après tout, c'est toujours plus facile de faire gicler du sang que de créer un climat angoissant. Pauvre Hollywood...

Passé cette minute coup de gueule, revenons au sujet concerné : Insidious, réalisé par James Wan. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais ce jeune commence à se faire remarquer à Hollywood. Réalisateur de Saw (premier du nom, pas les suites), probablement l'un des thrillers les plus pervers et les plus jouissifs de cette décennie, et de Death Sentence, un "vigilante movie" (auto-justice en français) brutal et terriblement efficace. Cette fois-ci avec Insidious, James Wan réalise à nouveau un exploit : celui de nous flanquer une frousse que l'on n'attendait plus. L'auteur de cet article s'en porte garant, Insidious fait peur, très peur même et ça c'est grandiose !


Comme chaque film du genre, Insidious démarre en douceur tout en installant progressivement son climat angoissant. Les couleurs du film sont d'un ton volontairement grisonnant, comme pour renforcer à la fois la froideur de l'ambiance et à la fois l'aspect hommage du film (ce n'est pas sans raison que le générique d'introduction tout comme la première image du film soient en noir et blanc). De ce fait, Insidious ne se contente pas seulement d'être un simple hommage aux meilleurs films fantastico-horreur des 70's, il est aussi un symbole de réussite à tous les niveaux.

Commençons par le scénario, qui en soi n'a rien d'original, mais qui nous amène constamment sur des fausses pistes. Des fausses pistes qui, par conséquent, se transforment en surprises. On est surpris de voir le personnage du mari non stéréotypé, on est surpris par le twist en milieu de film (à moins que ça ne soit pas le seul ?) et on est aussi surpris d'avoir peur alors qu'aucune image gore ne vienne accentuer des images déjà troublantes.

Oui, Insidious ne compte aucun tueur fou avide de sang ou de pièges à torture prêts à faire jaillir l'hémoglobine. Insidious préfère suggérer la peur plutôt que de la montrer face caméra (ou en tout cas le moins possible). Et quelle peur mes amis ! Une peur et une angoisse constante qui vous renverront à vos plus jeunes années lorsque vous vous cachiez sous vos draps ou que vous mettiez vos mains devant vos yeux, incapables de supporter une scène de plus. Tout cela n'a rien de paradoxal, Insidious nous flanque une frousse incroyable, synonyme de qualité.


Pour soutenir ce climat effrayant, la réalisation de James Wan se montre tout aussi à la hauteur. Que ce soit par des plans ou des mouvements de caméra jusque là inattendus dans un film d'horreur, ou par une utilisation assez fréquente du hors-champ comme suggestion de la peur, James Wan se montre respectueux de ses classiques et innove tout de même en apportant sa vision moderne de la maison hantée.
Et que dire quand on sait que tout cela a été réalisé avec seulement 1,5 millions de dollars, soit rien du tout. On ne peut que saluer ce travail exemplaire, qui, à aucun moment, ne se moque du spectateur.

Vous l'aurez compris, Insidious se montre bel et bien à la hauteur des attentes. Que vous soyez nostalgiques des films d'angoisse des 70's ou que vous soyez en manque de frissons, Insidious est fait pour vous, alors embarquez sans plus tarder pour ce train fantôme dont vous ne verrez pas la fin...




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