dimanche 29 mai 2011

Drive



Le meilleur film du Festival de Cannes est un film d’action. Mais pas n’importe quel film d’action. Ici pas de surenchère d’explosions, pas de voitures qui se transforment en robots ou encore pas de montage épileptique.
Non, « Drive » est le film d’action, le thriller que je n’attendais plus, celui qui m’a donné le sourire en coin au début du film et qui me laisse sortir de la salle avec un sourire béat et des palpitations.

Pourquoi ? Et bien parce que Drive offre une nouvelle alternative au genre, principalement grâce à sa mise en scène, représentative d’un véritable travail d’orfèvre. Absolument aucun détail n’est laissé au hasard. Le réalisateur, Nicolas Winding Refn, réussit l’exploit de transformer un film de commande au scénario très simpliste en un film très personnel avec une réalisation qui impose le respect, tant chaque scène, chaque plan est travaillé avec une précision désarmante.

On est face à l’exemple type du film dont le fond est transcendé par la forme. Le film raconte l’histoire d’un homme, cascadeur professionnel de jour et chauffeur pour braqueurs la nuit, se retrouvant emmêlé dans une bien sombre affaire au moment même où il fait la rencontre de sa charmante voisine (mais chut, il ne faut pas en dire plus…). Le scénario est donc des plus banals, mais fort heureusement le réalisateur s’en amuse et transforme chaque scène ou passage obligé d’un tel film (entre autres la course poursuite d’introduction, la romance, la trahison ou le final) en une merveille que l’on n’aurait jamais découvert auparavant.

Voilà la force de Drive, surprendre son spectateur à chaque instant mais à aucun moment grâce à son scénario. Les mouvements de caméra mettent en valeur chaque déplacement ou comportement de son acteur principal (Ryan Gosling, une bête d’acteur qui n’attend plus que d’exploser au monde entier), chaque cadrage et disposition de la lumière sublime n’importe quelle scène de dialogue ou d’action, et la bande originale est certainement l’une des plus belles et des plus cohérentes que j’ai entendu ces dernières années.

Zéro défaut ? Je crois bien que oui !

En résumé, Drive c’est quoi ?
C’est deux scènes de course poursuites, complètement différentes et tutoyant les sommets du suspense et de la tension.
C’est son acteur principal, Ryan Gosling, aussi beau gosse que très bon acteur, dans le rôle casse-gueule du héros solitaire dont il se sort avec les plus grands honneurs.
C’est une mise en scène tout simplement bluffante, jamais vue pour un film d’action, à la fois réaliste et fantasmatique. Un véritable coup de maître qui ringardise (presque) tout ce qui a été fait auparavant dans le genre. On n’a pas vu d’aussi belles séquences de nuit depuis Michael Mann.
C’est la scène de l’ascenseur, vouée à devenir culte ! (Je ne peux évidemment pas en dire plus…)

Et finalement, Drive, c’est surtout un monument, un OVNI parmi les films en compétition à Cannes.
Une grosse claque euphorisante qui prouve que le cinéma peut encore me surprendre (et vous surprendre !) et qui me rappelle pourquoi j’aime le 7ème art.

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