jeudi 28 janvier 2016

Chocolat


Etonnant projet que celui de Chocolat : une histoire très peu connue, un milieu peu représenté - le cirque - au cinéma, et un réalisateur inattendu, Roschdy Zem, pour un film de cette envergure.
Chocolat, c'est l'histoire de Rafael Padilla dit Chocolat, le premier artiste noir de la scène française, et de son ascension fulgurante grâce à son duo avec le clown Footit. Comme beaucoup, je ne connaissais absolument pas cette histoire, ce qui a alimenté ma curiosité sur ce film.

Bien que des problèmes de rythme freinent un peu mon enthousiasme, Chocolat possède de grandes qualités visuelles ainsi qu'un incroyable duo d'acteurs. Explications ci-dessous.


Footit est un clown en perte de vitesse dont les numéros n'intéressent plus les cirques. Lorsqu'il découvre Chocolat, il perçoit son talent et y voit une opportunité de former un duo inédit. En 10-15 minutes, Chocolat installe son décor et son sujet. Le chapiteau, les artistes et les numéros farfelus s'enchaînent à une vitesse folle pour nous plonger immédiatement au sein du récit. De même, la rencontre entre Footit et Chocolat intervient très rapidement tout comme leurs premiers succès pour se focaliser par la suite sur l'évolution de leur relation. Et c'est là que Chocolat se montre intéressant. En racontant l'histoire oubliée de ce premier artiste noir de cirque, le film aurait pu développer un récit banal en ne montrant que sa fulgurante ascension. En réalité, le film dépeint un personnage très nuancé. On sent que Chocolat est profondément touché par le racisme mais l'on remarque surtout à quel point sa rapide célébrité et son goût pour les jeux d'argent affectent sa relation avec Footit.

Chocolat ne cherche pas à faire de son personnage un héros. Il est difficile de s'identifier à lui et c'est paradoxalement une des réussites du film. On peut à la fois avoir de l'empathie pour Chocolat lorsqu'il est victime d'actes de violence raciste et à la fois rejeter son comportement lorsqu'il s'obstine à jouer/perdre son argent. En ce sens, le récit du film est assez déstabilisant et vous surprendra jusqu'à la fin.


Concernant la mise en scène, qu'il s'agisse de la reconstitution historique ou des couleurs utilisées, Chocolat est un véritable festin visuel. Le soin apporté aux décors et aux costumes démontre une ambition visuelle que l'on voit peu dans le cinéma français. Cette ambition se retrouve aussi dans le duo inattendu entre Omar Sy, toujours en pleine ascension, et James Thierrée, inconnu du grand public mais véritable artiste de cirque. Je ne connaissais pas ce dernier (petit-fils de Charlie Chaplin par ailleurs) et je dois avouer que sa performance m'a impressionné. Entre sa maîtrise des numéros de cirque et sa relation à la fois bienveillante et dominante envers Chocolat, James Thierrée/Footit est, selon moi, la belle surprise du film et aussi un formidable contrepoids face à Chocolat. Avec ce personnage, Omar Sy prouve une nouvelle fois tout son talent et sa capacité à explorer d'autres registres que celui de la pure comédie.

Toutefois, comme mentionné plus haut, le rythme faiblit à mi-parcours et fait parfois tourner le film en rond entre redites et intrigue bloquée. L'histoire aurait mérité d'être plus resserrée dans sa deuxième moitié. Cela ne plombe pas le film mais l'empêche d'être considéré comme une grande réussite.

Au final, malgré ses légers défauts, Chocolat est un film majeur tant pour son acteur principal que pour les sujets qu'il aborde. Le film n'est absolument pas une comédie et l'assume parfaitement en faisant de Chocolat un véritable personnage tragique. Certains seront déstabilisés. Pour ma part, c'est un parti-pris osé qui donne toute sa force au film.



lundi 3 février 2014

Mea Culpa


Après les, tous deux, excellents Pour Elle et A Bout Portant, Fred Cavayé revient en ce début d'année avec Mea Culpa. Ce nouveau film met en scène les acteurs principaux des précédents films du réalisateur dans une course-poursuite haletante, trépidante et ponctuée de longues scènes d'action spectaculaires.

Autant vous l'annoncer tout de suite, je ne pense pas être en mesure de vous fournir une critique objective de  Mea Culpa. Pour moi, Fred Cavayé a tout bon sur toute la ligne et nous offre LE film d'action que plus personne n'attendait en France. Mon but consistera avant tout à vous expliquer pourquoi Mea Culpa est un excellent film et donc pourquoi Fred Cavayé est un réalisateur talentueux.


Comme ses précédents films,  Mea Culpa s'ouvre sur une scène musclée, comme pour nous donner un avant-goût de la teneur du film. Ici, pas de finesse, l'approche rentre-dedans si chère au cinéma d'action de Paul Greengrass sera privilégiée tout au long du film. Cependant, bien que le cinéma de Fred Cavayé soit parsemé d'influences en tout genre, son film est loin de se contenter de copier ou de singer quoique ce soit. Explications:

Avant d'analyser le style du réalisateur, il est nécessaire voire important de préciser qu'il n'y a pas de film égal à Mea Culpa à l'heure actuelle en France. Il y a bien Nuit Blanche de Frédéric Jardin sorti il y a deux ans, mais à l'identité visuelle beaucoup moins travaillée. Notre paysage cinématographique qui, autrefois, brillait par les cascades de Jean-Paul Belmondo, a aujourd'hui bien du mal à offrir du cinéma de divertissement de qualité. Et c'est en cela que les films de Fred Cavayé, et donc aujourd'hui Mea Culpa, apparaissent comme salvateurs dans la production française. Quand on nous offre du divertissement de qualité en France, il est important d'en parler. Peut-être même plus que certains films auteuristes considérés comme des chefs d’œuvre incompris parce qu'ils ont réalisé moins de 100 00 entrées. Mais ne nous égarons point, là n'est pas le sujet aujourd'hui.
Comprenez aussi que je ne considère pas Mea Culpa comme un renouvellement total du film d'action. En soi, le film de Fred Cavayé n'invente rien. Le réalisateur se contente juste d'offrir sa meilleure mise en scène au genre. Ce qui est déjà génial, inutile de le nier. Après une exposition très claire de ses personnages et dès lors qu'il bascule dans l'action, le film vous prend à la gorge et ne vous lâche plus jusqu'à la toute fin.


La mise en scène de Fred Cavayé est indéniablement le point fort de ce Mea Culpa. Le suspense est maintenu sans relâche et l'on assiste à une progression spectaculaire de l'action. D'une longue course-poursuite dans le vieux Toulon jusqu'à un final époustouflant à bord d'un TGV, la mise en scène s'adapte à toutes les situations et offre à chaque séquence sa propre vision, tout en gardant cette tension et ce sentiment d'urgence, si cher au cinéma de Fred Cavayé.

Le film ne serait toutefois pas aussi réussi s'il n'était pas porté par ses deux principaux interprètes, clairement impliqués et montrant une conviction sans limite dans les différentes scènes d'action. A ce titre, c'est un véritable plaisir de retrouver Vincent Lindon dans un rôle d'action. L'acteur est si crédible dans les scènes de bagarre que je ne comprends pas pourquoi les réalisateurs ne lui offrent pas plus ce genre de rôle. Messieurs, ceci est un appel.

Bien entendu, certains reprocheront au film d'avoir un scénario dénué d'originalité et une trame classique parcouru de clichés. Je répondrai tout simplement que l'ambition du film n'est pas dans son scénario mais dans sa capacité à offrir du divertissement de qualité. C'est simple, je n'avais pris autant de plaisir devant un film d'action depuis très longtemps. Alors quand en plus il s'agit d'un film français, j'applaudis.
Si vous voulez plus de bons films d'action en France, alors courez voir Mea Culpa dès sa sortie en salles mercredi !




dimanche 19 janvier 2014

Top 2013 : les meilleurs films de l'année



Nous y voilà. Après une semaine de bilans en tout genre, vous allez enfin pouvoir découvrir quels sont les meilleurs films que j'ai pu découvrir en 2013.
Avant de commencer, quelques détails sur ce classement :
Cette année fut tellement riche qu'il m'a paru possible de limiter mon classement à 10 films. J'ai donc décidé de faire un Top 16. Non pas parce que j'ai une préférence pour le nombre 16, mais parce qu'il y a véritablement 16 films qui ont compté pour moi en 2013.
Par ailleurs, il n'y aucun film français dans ce top. Je n'ai rien contre le cinéma français (quoique) mais étant étudiant aux États-Unis, ma sélection de films s'imposait donc d'elle-même. De plus, certains films du classement ne sont pas encore sortis en France ou viennent tout juste de sortir, mais je les ai quand même vu en 2013.
Et pour finir, ce classement 2013 c'est : des films d'action, des comédies, de la science-fiction, des films expérimentaux, et surtout de grands réalisateurs.

Sans plus tarder, découvrez les meilleurs films de 2013 de la seizième à la première place :


N° 16
Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow

Réalisatrice du célèbre Point Break et de l'oscarisé Démineurs, Kathryn Bigelow est revenue cette année avec un film véritablement passionnant de la première à la dernière minute. Très documenté, le film reprend les différentes étapes ayant amené à l'élimination de Ben Laden et bien que l'on connaisse l'issue, le suspense est bien présent. Dans le rôle principal, Jessica Chastain confirme tous les espoirs placés en elle. Après la guerre froide (K-19) et le conflit Irakien (Démineurs), la réalisatrice prouve donc encore une fois qu'elle est probablement la mieux placée pour réaliser des films militaires aux sujets controversés. Pour son actrice principale épatante (la très belle Jessica Chastain) et l'incroyable mine d'informations que représente le film, je ne saurais que trop vous conseiller Zero Dark Thirty (comprendre Minuit Trente en langage militaire, heure de lancement de la fameuse opération). 


N° 15
Pacific Rim de Guillermo Del Toro

Je voulais écrire "plaisir coupable de l'année" mais je suis ravisé pour la simple et bonne raison que je ne me sens pas coupable d'aimer ce film. Le grand Guillermo Del Toro (oui oui) m'a fait retomber en enfance pendant deux heures, et je devrais me sentir coupable d'avoir pris mon pied devant des robots géants qui se battent contre des monstres surgis de l'océan ?

Et bien non !

A la place, Guillermo Del Toro, je te remercie du fond du cœur (oui on va se tutoyer c'est mieux) pour nous avoir offert certainement le blockbuster le plus honnête de l'été, voire de l'année. Non seulement, tu ne nous as pas trompé sur la marchandise mais tu nous as aussi fait preuve une nouvelle fois de tout ton amour pour les monstres du cinéma. Ton talent et ta passion n'ont plus de limites, continue à nous faire rêver comme tu le fais.

Quant à vous autres là, oui vous là, qui ne jurez que par Transformers, vous allez me faire le plaisir de regarder Pacific Rim et d'aller réclamer une suite à Warner Bros.


N° 14
40 Ans Mode d'Emploi (This is 40) de Judd Apatow

Les films de Judd Apatow m'ont toujours fasciné pour la véracité de leurs dialogue. On y parle crûment et sans retenue des sujets de la vie de tous les jours. Cette fois-ci, il s'attaque à la crise de la quarantaine, et en faisant tourner sa femme et ses enfants, on peut aisément affirmer qu'il met en scène son propre couple.
Bien que le sujet ne me parle pas vraiment, il y a toujours chez le réalisateur cette volonté de filmer la vie dans son quotidien le plus banal et les différentes situations analysées provoquent toujours des fous rires. Ce n'est peut-être le film à la réalisation la plus soignée mais c'est certainement un des films les mieux écrits que j'ai vu en 2013. Et rien que pour ses dialogues précis et fins sur la famille américaine, ce film mérite sa place dans ce top !



N° 13

Capitaine Phillips de Paul Greengrass


Grand admirateur du travail de Greengrass avec Matt Damon sur Jason Bourne et Green Zone, j'attendais donc impatiemment sa nouvelle oeuvre, qui plus est, avec Tom Hanks.

Je peux dire que je n'ai pas été déçu une seule seconde. Le suspense est maintenu tambour battant pendant deux heures et Tom Hanks nous livre une nouvelle fois une performance exceptionnelle. La shaky-cam de Greengrass s'est un peu calmée pour nous offrir plus de plans larges, et surtout plus de précision dans un environnement restreint lors de la deuxième moitié du film. Ajoutez à cela un montage redoutable et vous obtenez un des films les plus stressants de l'année.

Paul Greengrass fera date dans le cinéma d'action.


N° 12
  La Vie Rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty) de Ben Stiller


Je n'attendais pas particulièrement ce film, les bandes-annonces ne me permettant pas de me faire une idée quant à son sujet. A la sortie de la séance, tout fut balayé. Je ne m'attendais pas à être autant surpris par cette nouvelle réalisation de Ben Stiller. Difficile de croire que c'est le réalisateur de Zoolander qui est derrière cet incroyable film. En effet, le film est une véritable et belle invitation au voyage pour tous les rêveurs comme moi. Accumulant de sublimes paysages au fil d'une drôle d'aventure, le film mélange habilement les genres entre comédie, action-aventure, et aussi bien évidemment de belles pointes d'émotion.

La Vie Rêvée de Walter Mitty est un film que je n'avais pas vu venir et un coup de cœur instantané. Un film aussi touchant qui laisse rêveur mérite amplement sa place dans mon top. Bravo Ben Stiller !


N° 11
Du Sang et des Larmes (Lone Survivor) de Peter Berg 

Peter Berg est un patriote. Non seulement le réalisateur montrait déjà son amour pour l'US Navy dans Battleship, film injustement critiqué mais qui faisait preuve d'un second degré salvateur dans le milieu des Blockbusters, mais il a aussi effectué plusieurs tours en Irak.

Je ne doutais donc pas quant à sa capacité à mettre en scène cette véritable histoire de courage au sein d'une équipe de Navy Seals pris sous le feu ennemi en Afghanistan.

La première chose qui frappe lors de la vision du film est son côté anti-blockbuster au possible. En effet, le film préfère se concentrer sur le réalisme au profit du spectaculaire. Bénéficiant d'une longue introduction dans la base ainsi que sur les relations entre les membres de l'équipe une fois lâchés en pleine nature, l'empathie est alors totale pour les personnages. Et lorsque le film bascule dans l'action, Peter Berg focalise ses plans uniquement sur ses personnages privilégiant ainsi la terreur face à la fureur ennemie. Bien que ses scènes de guerre soient d'une redoutable efficacité sonore et visuelle, on ne prend absolument pas de plaisir à les regarder. Le film est très violent et très dur. Au-delà de l'incroyable message de courage et de fraternité que véhicule le film, Du Sang et Des Larmes se vit comme une terrifiante expérience de cinéma.

Et comme vous savez que j'adore les expériences cinématographiques, voilà une place bien méritée dans ce top !




N° 10
Only God Forgives de Nicolas Winding Refn
Vous connaissez certainement tous mon amour pour Drive, le précédent film de Nicolas Winding Refn, film qui m'a d'ailleurs permis de lancer ce site. Cette année, le réalisateur revient avec Only God Forgives plus fidèle à son cinéma et donc loin de Drive.
Le film est mal-aimé, c'est un fait. Hué à Cannes, boudé en salles, et pas mal de rejets pour ceux qui ne connaissent Nicolas Winding Refn que pour Drive. Et pourtant, quel beau film ! Du moins formellement, avec son visuel rouge sang, sa musique enivrante et sa mise en scène Kubrickienne. Only God Forgives est un film envoûtant qui pousse à la réflexion après chaque vision. Le film est plutôt difficile d'accès pour les non-initiés mais tentez l'expérience et dites-moi ce que vous en pensez. Pour ma part, c'est un coup de cœur. Si vous souhaitez en savoir plus sur le film, je vous invite à lire ma critique.


N° 9
Gravity de Alfonso Cuarón
Probablement la meilleure expérience cinématographique de 2013. Gravity est un film que se vit ! Vous êtes dans l'espace avec Sandra Bullock et vous vous accrochez à votre fauteuil ou au bras de votre voisin, c'est selon. La mise en scène d'Alfonso Cuarón est éblouissante avec un bon nombre de plans improbables et surtout un plan-séquence introductif qui défie toute logique de mise en scène préexistante. C'est un film qui se vit comme une attraction (la 3D aide beaucoup pour une fois) et qui impose un peu plus Alfonso Cuarón comme un metteur en scène exceptionnel, de la trempe de ceux qui repoussent les limites du cinéma.
A voir sur le plus grand écran possible avec un son qui pulse !


N° 8
12 Years A Slave de Steve McQueen
3ème film de Steve McQueen et deuxième fois dans mes classements annuels après Shame en 2011. Le réalisateur nous offre là sans aucun doute sa plus belle œuvre. Toujours fidèle à son style, Steve McQueen transcende son sujet (déjà fort et toujours aussi controversé) avec sa mise en scène de grande classe. Loin de la froideur clinique de Shame, la photographie très coloré donne au film toute sa puissance et le contraste nécessaire face à un tel sujet. Le réalisateur offre une nouvelle fois un rôle en or à Michael Fassbender, qui, pour moi, mérite l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Parmi les films traitant de l'esclavage, 12 Years A Slave est probablement celui à la plus belle mise en scène.


N° 7
 Stoker de Park Chan-Wook
Vous vous demandez certainement quel est ce film puisqu'il est pratiquement passé inaperçu un peu partout, mais pas sous mon radar ! Première réalisation américaine pour le coréen Park Chan-Wook, Stoker reprend l'atmosphère des meilleurs thrillers du genre Hitchcockien. Avec une mise en scène d'une redoutable précision et une ambiance des plus perverses, le réalisateur nous offre le thriller le plus expérimental de l'année et surtout un des plus efficaces. Pour ma part, c'est un sans faute !


N° 6
C'est La Fin (This Is The End) de Seth Rogen & Evan Goldberg
Je vous présente le film qui m'a le plus tordu de rire en cette année 2013. J'avais mes doutes quant à la teneur du film, malgré un pitch extrêmement prometteur (Seth Rogen et sa bande de potes dans un contexte de fin du monde), mais ces doutes furent vite envolés à la fin du film. C'est La Fin est une comédie extrêmement libérée où les acteurs font preuve d'une auto-dérision spectaculaire (Jonah Hill le prétentieux, James Franco le gay, et Jason Segel qui en a visiblement marre de jouer dans How I Met Your Mother). Bien aidés par le contexte apocalyptique, les acteurs se lâchent et repoussent les limites de la blague pour atteindre le non-sens le plus total (pour ne pas dire WTF). C'est donc une sixième place bien méritée pour ce que je considère comme le film le plus hilarant de 2013.


N° 5
Spring Breakers de Harmony Korine
Choix plutôt controversé que de mettre ce  Spring Breakers dans ce top si j'en crois mes amis. Vous êtes beaucoup à ne pas avoir aimé ce film ou à être passé à côté. Du même genre que Only God Forgives (toutes proportions gardées),  Spring Breakers est un film qui se vit et qui se ressent. Le réalisateur réussit une mise en scène formidable avec de très belles images de la Floride (Oui bon je ne suis pas très objectif à ce niveau-là) soutenues par la composition toujours aussi enivrante de Cliff Martinez. Le scénario propose aussi des personnages loin des clichés habituels, que ce soit chez les filles ou le personnage de James Franco (qui aurait amplement mérité une nomination pour meilleur acteur dans un second rôle). Le film nous emmène dans des recoins inattendus et offre des scènes qui frôlent le culte (le personnage de James Franco qui présente sa chambre notamment).
Entre une performance en or pour James Franco et une mise en scène en parfaite harmonie avec son sujet et ses décors,  Spring Breakers est un film au charme incroyable.


N° 4
Prisoners de Denis Villeneuve
Je ne suis absolument pas connaisseur du travail de Denis Villeneuve et Prisoners fut donc ma première expérience avec le réalisateur. Je ne sais par où commencer tellement ce film m'a bluffé de la première à la dernière minute. 2h30 de pure tension et de stress. Le réalisateur réussit une mise en scène bluffante digne du meilleur des polars de David Fincher. Loin de singer le travail des autres, le réalisateur réussit à créer sa propre atmosphère, bien aidé par la photographie de Roger Deakins (nommé justement à l'Oscar pour ce film), et nous plonge dans une Amérique profonde que l'on ne préfèrerait pas découvrir.
Prisoners est incontestablement le meilleur thriller de l'année. Le plus glauque et le plus stressant. Mention spéciale à Hugh Jackman et (surtout) Jake Gyllenhaal qui nous offrent des performances exceptionnelles. Bravo !


N° 3 

Elysium de Neill Blomkamp
Avec Elysium en numéro 3 de ce classement, je pense aussi faire grincer quelques dents. Film mal-aimé du réalisateur de District 9, Elysium est pourtant ce que j'ai vu de mieux en terme de film mi SF mi action à gros budget en 2013. Le message du film est certes moins travaillé que sur son précédent film, mais le réalisateur parvient tout de même à instaurer un univers crédible aux effets spéciaux bluffants. J'ai quand même l'impression d'être le seul à soutenir que faire un boulot de mise en scène comme celui-ci sur un deuxième film, c'est quand même extraordinaire. Pour preuve, il y a des réalisateurs plus expérimentés que Neill Blomkamp qui n'y arrivent pas. S'il continue sur cette lancée dans les films de SF, Neill Blomkamp a toutes les cartes en main pour une carrière digne des débuts de James Cameron.
Ajoutez à cela un Matt Damon toujours aussi impliqué et convaincant ainsi qu'un Sharlto Copley magistral, et vous obtenez un film spectaculaire maîtrisé du début à la fin. Mon film préféré de l'été 2013 mérite donc cette belle troisième place de mon top 16.


N° 2
Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese
Dernière semaine de 2013, tout le monde pense avoir vu les meilleurs films de l'année et chacun boucle son top de l'année comme si de rien n'était. C'était sans compter sur Martin Scorsese qui rapplique pour Noël avec sa nouvelle œuvre, histoire de rappeler à tous ces petits jeunes qui est le patron.
N'y allons pas par quatre chemins, Le Loup de Wall Street est incontestablement la meilleure comédie noire de l'année. Martin Scorsese reprend ses principaux codes et traite du milieu boursier comme s'il traitait de la mafia. 3 heures de sauvagerie intense portées par un DiCaprio livrant probablement la performance de sa vie. Le film aurait très bien pu s'appeler The DiCpario Show tellement l'acteur est sur tous les plans et donne entièrement de sa personne sur toutes les scènes. Une performance outrancière qui pourrait bien lui valoir un Oscar en Mars prochain (c'est en tout cas ce que je souhaite !). A 71 ans, Martin Scorsese prouve qu'il a encore toute sa forme et livre un film que nul autre ne pourrait faire. Irrévérencieux, sauvage, et sans limite, Le Loup de Wall Street est deuxième de ce classement et n'a pas volé sa place.


N° 1
Django Unchained de Quentin Tarantino
Sans aucun doute possible et sans aucune objectivité, mon film préféré de l'année ne pouvait être Django Unchained. Après la seconde guerre mondiale et ses scalps nazis, Quentin Tarantino réécrit une période sombre des Etats-Unis et fait de son héros un esclave affranchi devenu chasseur de prime. Au même titre que voir Eli Roth massacrer des nazis à coup de batte de baseball avait quelque chose de grisant, voir Jamie Foxx donner des coups de fouet à celui qui a torturé et vendu sa femme procure un plaisir que je ne saurais décrire.
Il n'y a véritablement que chez Tarantino que l'on peut découvrir des histoires aussi improbables. A ce titre, l'auteur-réalisateur a été récompensé par l'Oscar du meilleur scénario. C'est un prix absolument mérité pour ce qui est très certainement son scénario le plus abouti à ce jour. Loin de toute cocasserie ou toute auto-référence qui faisait la marque de ses précédents films, Tarantino commence à mûrir et à délaisser ses tics filmiques pour ne garder que la substantifique moelle, dirait-on. De là à dire que ses prochains films seront de pur chefs d’œuvres, il n'y a qu'un pas !
Au final, Django Unchained est probablement le film le plus ambitieux de son auteur et peut-être le plus réussi. Et que dire de Christoph Waltz, si ce n'est que cet acteur à l'incroyable diction est certainement l'homme le plus à même de donner vie à la richesse du texte de Tarantino. Les joutes verbales fusent et l'on en redemande.
Tarantino poursuit son ascension sans me décevoir. C'est un réalisateur profondément passionné qui continue à m'offrir de purs plaisirs de cinéma. Vous m'avez compris, les compliment ne font que pleuvoir. C'est simple, je n'ai aucun reproche à faire au film. Et c'est pour ça qu'il est mon film préféré de l'année, à savoir LE meilleur film de 2013.


mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : le double-film de l'année

La Chute de la Maison Blanche (Olympus has fallen) & White House Down

Avant-propos : cet article devait être initialement incorporé à un autre article bilan sur le meilleur de 2013, mais face à l'incroyable analyse que je pouvais exposer sur la comparaison entre ces deux films, je décidai de leur consacrer un article entier à eux seuls.

A l'image des deux films sur La Guerre des Boutons ou des deux films sur Yves Saint-Laurent en 2014, Hollywood a décidé cette année que la Maison Blanche serait détruite deux fois.
Je reconnais avoir eu mes a priori sur ces deux films, et surtout une légère réticence pour White House Down sorti plusieurs mois après Olympus has fallen (que j'avais donc adoré à sa sortie). Heureusement, les deux films ne boxent pas dans la même catégorie : Le premier étant une petite production (toutes proportions gardées) et le second un blockbuster d'été. Et si j'ai adoré les deux films, c'est parce qu'ils ont tous les deux une approche différente du sujet (et aussi, bien entendu, parce que j'adore les films d'action).


Olympus has fallen sauve son manque de moyens par ses scènes d'action sans compromis et ses personnages manichéens au possible. Ainsi Gérard Butler incarne un héros de film d'action dans la plus grande tradition du genre. Il n'est pas ce Bruce Willis/John McClane au mauvais endroit au mauvais moment, il est le sauveur et celui qui donnera sa vie pour protéger le Président. A ce titre, le film rappelle les productions des 80's avec leur côté rentre-dedans, et tant pis si cela n'a rien de bien cohérent, nous pouvons être fiers d'avoir un héros badass qui rappelle les meilleurs moments de Jack Bauer. Du sang, des insultes, des one-liners, et surtout une prise d'assaut sur la Maison Blanche absolument spectaculaire.
Olympus has fallen n'évite pas les clichés et la vulgarisation des ennemis, mais il a ce charme inhérent aux vieux films d'action où tout était grotesque mais où l'on s'en fichait parce que tout ce que l'on voulait, c'était de l'action, de l'action, et encore de l'action !
Pour finir, mention spéciale à Gérard Butler, certainement un des meilleurs acteurs pour ce type de rôle.



De son côté, White House Down propose une toute autre approche. Le film, à l'opposé de son concurrent, vise un public plus "familial" puisque il n'y est pas fait mention une seule fois du "F-word" et qu'aucune goutte de sang n'y est versée. Cela ne lui empêche pas néanmoins de proposer son lot de scènes d'action toutes aussi improbables les unes que les autres (voir la course-poursuite en limousine) et d'y créer un certain suspense. Là où le film se différencie d'Olympus has fallen, c'est dans sa dynamique, résolument plus tournée sur l'humour et le duo formé par Channing Tatum et Jamie Foxx. Le film s'oriente alors vers le buddy-movie et l'interprétation de Jamie Foxx dans le rôle du Président "cool" joue beaucoup dans la réussite du film. Son partenaire, Channing Tatum, n'a clairement le look du héros badass mais son implication est très convaincante. Le film puise aussi très volontiers dans Die Hard - Piège de Cristal (mauvais endroit, mauvais moment, membre familial du héros pris en otage) et Rock (groupe militaire qui prend un bâtiment iconique en otage) pour certains aspects du scénario. Au final, le film se veut plus fun et plus décomplexé qu'Olympus has fallen, ce qui en fait un divertissement, certes pas très fin, mais bien spectaculaire comme je les aime.
Et pour finir, une mention spéciale à James Woods, qui manque trop au cinéma et qui fait son retour dans ce film.


J'étais le premier à soulever le ridicule de cette situation ou deux films similaires sortent à quelques mois d'intervalles, mais je ne peux nier le plaisir que j'ai pris devant ces films d'action nostalgiques d'une époque révolue.
Bref, j'en redemande !